PROTECTION AU TITRE DES MONUMENTS HISTORIQUES

DES BOUEES PATRIMONIALES

DU BALISEUR SOMME II

BAIE DE SOMME

La Baie de Somme, située sur le littoral picard qui borde la Manche, surprend par sa taille : 15km de profondeur pour 5km de large et 75km2 de superficie. 

 

Cet estuaire du fleuve Somme est parcouru par des chenaux de navigation qui permettent un accès naturel aux 3 ports de la Baie, Le Crotoy en Baie-Nord, Le Hourdel et St Valery s/Somme en Baie-sud. Cependant à cause de l’ensablement ces chenaux se déplacent régulièrement au gré des vents et des marées.

 

Il en résulte une impérieuse nécessité de baliser la Baie de Somme, c’est-à-dire, de déposer des marques de balisage le long des chenaux  pour  permettre la navigation. Le balisage de la  Baie de Somme a débuté au Moyen âge, les premiers baliseurs, en bois et à voile, firent  leur apparition au début du XIXème siècle.

 

Construit en 1949 par les chantiers Auroux d’Arcachon, le SOMME II, baliseur à squelette métallique revêtu de bois de chêne a été spécialement conçu pour la Baie. Pendant un demi-siècle, de1950 à1999, il a  inlassablement déplacé une soixantaine de bouées ou « tonnes » le long des chenaux de la Baie pour faciliter et sécuriser la navigation.

 

Les bouées sont maintenues en place par un corps-mort et une ligne de mouillage (chaîne). Déplacer une bouée consiste à arracher son corps mort des sables à l’aide d’un puissant cabestan qui communique à la coque un effet de torsion, l’effort pouvant atteindre 6 tonnes, les précédents baliseurs ont succombé en moins de 10 ans.

 

A bord du SOMME II, surnommé « Le Tonnier », 5 marins, au service d’autres marins des bateaux de pêche, de commerce et de plaisance, assuraient les missions d’entretien et de suivi du balisage des chenaux.

 

Le balisage « par portes » pratiqué en Baie de Somme nécessitait 64 bouées, sans compter une trentaine de bouées en entretien ce qui représentait une flotte d’environ une centaine de bouées à disposition du SOMME II.

 

Cinq molede bouéeétaient utiliséen Baie deSomme:

  • Les  bouées « sphéroconiques n°1, n°2 et n°3»,
  • les  bouées «biconique
  • les «bouées cigare ».

 

En acier riveté puis en acier soudé, elles étaient régulièrement remontées pour être grattées ou sablées et remises en peinture.

 

En exploitation, cebouées portaient un numéro efonction de leur emplacement dans le système de balisage dla baie (voir plans et relevé de balisage). La taille des bouées diminuait du pied de mer vers le port, à l'entrédu chenal, les bouées «sphéroconiques n°1» portaient ln°1 pour tribord (S1) et 2 pour babord (S2). Ensuite venaient les bouées «sphéroconiques n°2 et  n°3», puis les bouée«biconiques» eenfin les « bouées cigare».

 

A tribord les bouées sont  de couleur verte et portent un numéro impair, à babord les bouées sont de couleur rouge et portent un numéro pair. La plupart sont des bouéedites «passives», undizaine dbouéedites «lumineuses» sont équipéed'un feu à éclatalimenté par batterie. Le rythmdfeest fonction de la position de la bouédans le système de balisage.

 

Désarmé en novembre 1999 par l’Administration des Phares et Balises, le vaillant SOMME II fût classé Monument Historique le 26 juin 2000. Deux éléments ont motivé ce classement :

 

  • Un élément immatériel comme témoin de l’activité maritime dans la Baie de Somme pendant 50 ans
  • Un élément matériel comme un très bon exemple de construction judicieuse qui lui a permis de relever tous les défis

 

Depuis novembre 1999, le balisage de la Baie est assuré par un autre baliseur, le « Baie de Somme ».

 

Une fois les bouées réhabilitées, il est prévu de concevoir un projet de valorisation culturelle.

Association Somme II

533, route des canadiens

80230 Saint Valery sur Somme

 

Tél : 03 22 60 42 85